Un million de cacaoyers : faire naître une filière qui n'existait pas
Le Cambodge n'a aucune tradition de culture du cacao. Cela n'a pas empêché le Dr Hay Ly Eang de planter discrètement les premiers cacaoyers du pays dans la province de Ratanakiri en 2014, pariant qu'un chocolat khmer valait bien une décennie d'expérimentation pour déterminer si la culture pouvait s'adapter au sol et au climat cambodgiens.
Elle le pouvait. Ce qui a émergé de cette première plantation est devenu le « Plan Cacao » de Confirel, fondé sur trois engagements : atteindre 3 000 à 4 000 tonnes de fèves de cacao séchées par an pour alimenter une véritable ligne de transformation en chocolat et un marché à l'export ; offrir aux agriculteurs un accompagnement technique, ainsi que des prix stables et des acheteurs garantis, et non de simples plants ; et étendre activement la culture du cacao à davantage de communautés du Ratanakiri.
En 2024, Confirel a installé sa propre ligne de production de chocolat et s'est associée à Maison Marou, le chocolatier basé au Vietnam et reconnu dans toute la région, pour transformer le cacao du Ratanakiri et le sucre de palme de Kampong Speu en chocolat entièrement fabriqué au Cambodge, avec la banane, la noix de coco, le fruit de la passion et le poivre parmi les saveurs locales. L'objectif n'a jamais été d'exporter des fèves brutes en laissant un autre pays capter la valeur ajoutée ; le but était de construire toute la chaîne, de l'arbre à la tablette, sur place.
Le projet porte aujourd'hui un nom plus ambitieux que sa taille actuelle : Un Million de Cacaoyers, un objectif à cinq ans que Confirel s'est fixé, et un programme que les Nations Unies ont cité comme un exemple phare de développement durable. C'est, selon les mots mêmes du Dr Hay, une tentative de faire entrer le Cambodge sur la carte du cacao asiatique, en partant d'une culture que le pays n'avait jamais pratiquée auparavant.